BRUXELLES Les hommes solitaires, timides et maladroits dans leurs relations sociales, n'éprouvent pas seulement des difficultés dans leur vie de tous les jours, mais ont également plus de risques de décéder à cause de ces traits de caractères, car ils sont beaucoup plus souvent frappés par une crise cardiaque fatale, rapporte le Sunday Times.

Des chercheurs de l'université de Chicago ont analysé les données sur le caractère et la santé d'un groupe composé de 2.100 hommes recrutés en 1957 et suivis de près depuis. Leurs résultats paraissent maintenant, après des décennies d'enquête, dans le périodique "Annals of Epidemiology", et apportent un nouvel éclairage sur les points communs entre la personnalité et la santé.

La conclusion principale de ce rapport est que les hommes introvertis, qui sont plutôt solitaires sur le plan social, succombent beaucoup plus souvent à des attaques cardiaques, attaques d'apoplexie ou autres affections cardio-vasculaires que les hommes du même âge et de même classe sociale qui participent sans problème à la vie en société.

Auparavant, les chercheurs avaient déjà découvert que les maladies cardiaques survenaient davantage que la moyenne chez les hommes présentant une personnalité de type "A", c'est à dire les hommes agressifs, autoritaires, coléreux qui sont toujours pressés d'atteindre quelque chose.

Mais l'enquête menée à Chicago avertit maintenant que les hommes présentant un caractère de type "D", soit qui ont le moins de contacts possible avec les autres, forment également un groupe à risque. "Nous concluons que la timidité sociale augmente clairement le risque de maladies cardio-vasculaires, quoique ne nous constatons aucune influence sur d'autres causes importantes de mortalité", expliquent les chercheurs. Bien qu'ils ne donnent aucune cause à ce lien entre les maladies cardiaques et le comportement social, il semble vraisemblablement que les personnes timides souffrent davantage du stress.

De précédentes études avaient en effet montré que les personnes timides réagissent, d'un point de vue physiologique, de manière extrême à des situations inhabituelles, avec toujours des conséquences sur le rythme cardiaque et la pression artérielle. L'impact de la timidité sur le coeur des femmes n'a par contre pas été étudié par les chercheurs de l'université de Chicago.

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