Témoignage sur la timidité.
Par Robby, vendredi 7 décembre 2007 à 11:26 :: Témoignages :: #60 :: rss
Elle n’est pas un sentiment de la conscience, celle de la Bible (honte d’avoir mal agi, mal parlé, etc.), ni une maladie, ni due à une déficience particulière. Elle est le résultat d’un mauvais réflexe conditionné. Elle peut gâcher toute une vie, c’est pourquoi il faut s’en débarrasser si l’on veut vivre normalement, il faut se désensibiliser de ces réactions qui empoisonnent l’existence et qui donnent l’illusion que l’on ne sera jamais à la hauteur.
Tous ceux qui en sont atteints en connaissent les signes : rougeurs, chaleur intérieure qui envahit tout le corps, transpiration excessive, raideur musculaire qui entraîne des gestes maladroits, tremblements, respiration superficielle avec souffle coupé, altération de la voix qui devient inaudible ou inintelligible, pensée brouillée que l’on n’arrive pas à développer, gêne excessive, crainte que le pire ne se produise devant le regard des autres, envie de prendre la fuite, et enfin passage à l’acte pour se réfugier « dans son coin » quand la tension devient trop forte…
Ce manque d’assurance dans le comportement face à autrui peut avoir plusieurs origines, un défaut physique quelconque ou des remarques désobligeantes qui se sont accumulées au fil du temps, par exemple (laissons de côté tout ce qui touche à l'invisible), et qui ont fini par nous persuader que l’on n’est pas comme les autres, que l’on n’a pas le droit de vivre et de s’exprimer comme les autres.
Comment s’en sortir ?
-Par de suppliantes prières qui ne coûtent rien, et en prenant grand soin de les terminer par la formule magique « au nom de Jésus » ? Et si le feu ne tombe pas du Ciel pour nous redresser, qui accusera-t-on d'être responsable de notre état, d'être sans pitié si nous sommes encore comme ci ou comme ça ?
-En suivant une méthode humaine ? il y en a des dizaines et des dizaines, payantes ou gratuites. J’ignore leur degré d’efficacité.
-En rencontrant des personnes compétentes, prêtes à nous écouter ? Faire ce pas, c’est déjà remporter une petite victoire sur soi-même, mais quand on est gravement atteint, on n’osera jamais le franchir.
Toutes ces aides sont des appuis plus ou moins précieux dans la reconquête de notre personnalité. Mais dans tous les cas, il y a une démarche, une prise de position que personne d’autre ne pourra jamais faire à notre place. Quelle que soit la cause qui nous a cloués à ce stade de notre développement, il faut regagner le terrain perdu, il faut reprendre le contrôle de notre individu, il faut qu’il y ait un jour dans notre vie où nous acceptons de regarder les choses en face et où nous nous disons :
« Stop, ça suffit. Je suis arrivé au pied du mur, je ne peux plus reculer. Si je ne fais rien, je suis perdu, je sombre dans l’abîme. Je n’ai plus le choix de la fuite, je suis obligé d’aller de l'avant, c’est une question de survie. Tant pis pour tout ce qui a été perdu. Le résultat est là, il faut faire avec, il est impossible d’effacer le passé ni même de réparer les dégâts, donc j’accepte aujourd’hui d’être comme je suis. »
Quand on marche, il faut regarder devant soi, toujours devant soi, rien que devant soi, et jamais en arrière, sinon, c’est la mort !
Prenons l’exemple de quelqu’un qui veut apprendre à nager mais qui a peur de l’eau. Comment y parviendra-t-il ? En s’exerçant à faire les mouvements adéquates pour garder la tête au-dessus du gouffre ténébreux ? C’est bien, mais insuffisant. En attendant l’occasion favorable pour entrer dans l’eau, l’impulsion qui forcera le destin et le précipitera dans l’élément mouvant ? Il risque d’attendre longtemps, très longtemps même. La seule façon pour profiter des joies de la baignade, c’est de surmonter progressivement la peur irrationnelle, non justifiée, qui coupe les jambes et fait naître l'angoisse. Un petit essai un jour, un plus grand le lendemain, et ainsi de suite, jusqu’à ce que l’organisme s’aperçoive qu’il y a en fait aucun risque pour lui, aucun danger imminent, aucune raison de ne pas se relâcher, de ne pas se détendre, rien qui l'empêche de faire de ce nouvel espace de conquête un centre de loisirs dans lequel il peut s'épanouir. Nul autre que lui-même peut et doit faire ces petits pas s’il veut flotter sans crainte, sans bouée ni canot de sauvetage à proximité, à la surface de l’abîme.
Il en va de même dans les domaines de notre vie où il y a un blocage : seul dans la foule, regard des autres, prise de parole en public, etc. Il faut y aller progressivement, tout en apprenant à discipliner son corps, à maîtriser ses réflexes et à profiter de l’instant présent. Mais auparavant, la crise doit avoir lieu, le choix doit être irrévocable :
« Je tourne définitivement le dos au passé, je le raie de mon existence, il ne fait plus partie de mon quotidien, il est réellement mort à mes yeux, et c’est désormais moi, mon moi, ma réelle personnalité, telle qu’elle est au naturel, qui dorénavant prend la place, qui prend les commandes de ma vie, qui décide de ce que je dois faire, de ce que je dois dire et même où je dois aller, quand je veux et comme je veux ! C’est à ma vraie nature, à ma vraie personne que j’obéis à présent, et à personne d’autre, il n’y a que moi qui entre en ligne de compte dans mes décisions. Les autres, dehors ! »
Ensuite, il faudra partir à la conquête du monde, apprendre à vivre normalement. Les tremblements cesseront peu à peu, les paroles viendront de plus en plus spontanément et la respiration abdominale (celle qui permet aux bébés et aux beaux parleurs de faire souffrir les tympans pendant des heures), deviendra naturelle...
Alors, et alors seulement, nous pourrons œuvrer avec efficacité et remplir la mission confiée par le Seigneur. Nous pourrons même crier haut et fort, droit dans les yeux, devant tous les ricaneurs du monde entier rassemblés devant notre face :
« Je suis tel que je suis, comme je suis, que cela vous plaise ou non ! Est-ce que c’est clair, est-ce que c’est bien clair, ou dois-je le répéter ? »
Car en vérité, la honte est toujours du côté de celui qui se croit autorisé à juger et à critiquer son prochain, même s’il n’en aura jamais conscience.
Source Internet
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire