Vaincre sa timidité : Les jeux de rôles : un remède à la timidité
Par Robby, jeudi 28 août 2008 à 06:13 :: News de la communauté :: #66 :: rss
Des contes pour les "grands" - Un "ROLE" social - "JEU" VS. REEL L’univers des jeux de rôles constitue une sombre nébuleuse. Ses adeptes sont fréquemment perçus comme étant atteints d’un mal mystérieux qui les fait décrocher de la réalité. Déguisement d’elfe des bois, casque à cornes Fisher-Price de nain guerrier ou épée longue en caoutchouc peuvent constituer la panoplie type de ceux qui s’adonnent à cette discipline mystérieuse, juge-t-on souvent à priori. L’aficionados standard, pour sa part, doit soit être un doux rêveur pas bon à grand-chose, soit un dangereux psychopathe sataniste tout de noir vêtu qui sacrifie des chèvres dans sa salle de bains la nuit. Quoi qu’il en soit, cet individu fuit son monde dans des cérémonies ésotériques. Il ne peut être en phase avec lui, il faut sans doute s’en méfier… Qui sait ce qu’il peut cacher dans son placard ?Ce portrait un peu grossier et totalement caricatural n’est malgré tout pas si éloigné de la réputation des jeux de rôles en général, et des joueurs en particulier. La réalité est pourtant tout autre.
Des contes pour les grands
Ludique et convivial, le jeu de rôles est un loisir qui peut apporter à ses adeptes bien plus que du simple divertissement. Jung et Freud s’accordent sur ce point : les contes apportent aux enfants un avant goût des épreuves qu’ils pourraient rencontrer dans la vie, ainsi que leurs solutions. Ils sont constructifs pour le développement intellectuel et identitaire de l’enfant. Les jeux de rôles suivent un peu la même logique, mais pour les « grands ». Des joueurs se rencontrent autour d’une table pour interagir dans une histoire guidée par un « maître de jeu » qui a pour tâche de coordonner les actions des autres joueurs. Comme un entraînement à réagir dans une situation problématique donnée, à trouver des solutions calmement et de manière structurée. Le tout dans un contexte sécurisant, puisqu’il reste sur le mode du « on disait que… » Un « RÔLE » social
G H vient de terminer ses études. Elle travaille actuellement comme documentaliste dans un hôpital liégeois. D’un caractère un peu « timide mais je me soigne », il lui a fallu plusieurs années pour sortir de son mutisme en société. Prendre la parole en public, même téléphoner à des amis, pouvait lui demander un grand effort sur elle-même. D’après elle, le fait de s’être lancée dans les jeux de rôles il y a quelques années lui a été d’une grande aide. Même si ça ne s’est pas fait sans mal, explique-t-elle. Il lui a fallu près de huit mois pour se jeter à l’eau. Il est vrai que la première séance peut paraître quelque peu étonnante. Le principe étant de se mettre totalement dans la peau de son personnage, il convient de littéralement parler à sa place, de le mimer, au besoin. « On se sent un peu bête les premières minutes, mais le fait d’être aidée par les autres joueurs qui ont de l’expérience a été très rassurant ». Comme au théâtre, les acteurs-joueurs doivent parvenir à sortir de leur personnalité pour plonger dans celle de leur personnage. Ils doivent essayer de réfléchir comme il réfléchirait, agir comme il agirait, et même parler comme il le ferait. « C’est comme si on jouait sur une scène, à la différence qu’il n’y a pas de public et qu’on reste la majorité du temps assis autour de la table. Et puis on connaît tout le monde. C’est moins stressant.» Après une heure ou deux de jeu (les parties pouvant parfois en durer une douzaine), ce n’est plus l’individu qui parle aux autres. L’ambiance se crée peu à peu pour que chacun parvienne à se projeter dans son rôle, mais aussi à voir les personnages en face de soi et plus les joueurs qui jettent leurs dés. Si bien que lorsque l’on raconte le scénario à posteriori, c’est comme si on avait réellement été sur place. Le souvenir que l’on a de la partie laisse une impression de réalité étonnante. Cette espèce de schizophrénie volontaire est souvent synonyme de réussite du jeu, plutôt qu’un danger dont il faudrait se méfier. « JEU » VS. RÉEL
Passer au-delà de ses peurs et affronter le regard des autres a permis à G de gagner de la confiance en elle. Cela lui a également apporté une faculté plus grande à relativiser l’image que les autres pouvaient avoir d’elle. Pour les entretiens d’embauche qu’elle a du passer pour décrocher son job, également, le fait d’être « rôliste » lui a permis prendre une distance plus grande par rapport à la rencontre, et dans le même temps évacuer tout le stress qui peut survenir en pareille occasion. « Il arrive que je voie vraiment la vie comme un jeu. C’est fou comme c’est relaxant », lâche-t-elle avec un petit rire. « Jamais je n’aurais été capable de faire ça il y a quelques années. » Mais G explique également que jouer n’a pas été pour elle un remède à proprement parler. Cela l’a considérablement aidé, mais c’est une pratique qui reste du domaine de l’imaginaire. Le fait de vivre dans une vraie vie veut aussi dire que l’on rencontre des vraies difficultés. « Si le jeu de rôle est indéniablement une façon sociale et constructive de se divertir, il ne faut pas que ça devienne une fuite de la réalité ».
« Source : Bernard Grand pour l’IHECS, 2003»
Commentaires
1. Le dimanche 21 février 2010 à 12:53, par mario
2. Le mardi 23 février 2010 à 06:56, par Bernard
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